Les 12 habitudes qui freinent les femmes
Juliette Vigneault-Dubois, coach en leadership et animatrice de notre atelier « Avancer professionnellement au féminin : comment briser les habitudes qui nous freinent », a posé le contexte en rappelant les enseignements du livre How Women Rise, de Sally Helgesen et Marshall Goldsmith.
Le constat est simple : les femmes ne souffrent généralement pas d’un « trop-plein d’ego » comme les hommes (voir en fin d’article), mais plutôt de comportements d’auto-effacement ou de perfectionnisme. Ce qui finit par bloquer leur évolution professionnelle.
Ces 12 freins invisibles sont :
- La réticence à revendiquer ses succès : attendre que les autres remarquent votre travail au lieu de le mettre en avant.
- S’attendre à ce que les autres voient et récompensent spontanément vos contributions : ce que Helgesen appelle « le syndrome de la bonne élève ».
- Survaloriser l’expertise : vouloir maîtriser son poste à 110 % avant de postuler à l’échelon suivant (alors que les hommes postulent souvent à 60 %).
- Construire des relations sans les exploiter : créer des liens sans les utiliser stratégiquement pour avancer.
- La difficulté à recruter des alliés : essayer de tout porter seule dès le départ.
- Faire passer sa carrière après celle des autres : prioriser les besoins de l’équipe ou de l’entreprise avant ses propres ambitions.
- Le piège de la perfection : se perdre dans les détails pour éviter toute critique, ce qui génère un stress massif.
- Le besoin de plaire : la difficulté à dire « non » ou à prendre des décisions impopulaires par peur de ne plus être aimée.
- Se minimiser : utiliser des mots qui affaiblissent votre autorité (« Je pense que… », « Juste une petite question », « Désolée mais… ») ou prendre moins de place physique en réunion.
- Trop en dire : donner trop de détails ou partager trop d’émotions, ce qui peut être perçu comme un manque de focus stratégique.
- Ruminer : ressasser ses erreurs passées pendant des jours, là où un profil plus « masculin » passera plus vite à autre chose.
- Laisser son radar interne vous distraire : être trop attentive aux signaux non verbaux et aux émotions des autres, au détriment de l’objectif principal.
Comment faire évoluer sa posture ?
La première étape consiste tout d’abord à identifier, parmi ces 12 habitudes, lesquelles vous correspondent le plus et à quelles occasions elles se présentent.
Ensuite, Juliette Vigneault-Dubois vous propose quelques exercices à réaliser en solo ou avec un binôme :
- Apprendre à valoriser ses accomplissements sans les minimiser : listez 3 résultats obtenus cette année et présentez-les à quelqu’un. « On a souvent tendance à minimiser ou à se justifier lorsque l’on parle de soi. Dans ce cas, faites une pause et reformulez pour vous approprier cette réussite », recommande Juliette.
- Cartographier et activer son réseau professionnel, local et international, pour créer de nouvelles opportunités. Identifiez comment chaque personne peut vous être utile et vice-versa.
- Construire un plan d’action personnel pour faire évoluer sa posture :
- choisissez une habitude,
- déterminez ce que vous souhaiteriez faire différemment,
- où et comment vous allez vous entraîner,
- si vous avez besoin d’un accompagnement ou non,
- quelle relation activer dans votre réseau,
- et enfin comment évaluer vos progrès.
« Procédez par petits pas, n’essayez pas de tout changer », prévient la coach.
Dernier conseil de Juliette : pensez à des scénarios de reformulation. Que quelqu’un s’approprie votre idée, vous demande où travaille votre conjoint sans se préoccuper de ce que vous faites dans la vie, ou bien s’étonne des trous dans votre carrière, ne vous justifiez pas et assumez. Un exemple : « Je ne travaille pas depuis 2 ans, car j’ai fait le choix délibéré de gérer le déménagement, l’intégration dans un nouveau pays et de vivre cette expérience en famille. » Mettez en avant les soft skills que vous développez en expatriation, même sans travailler.
Et chez les hommes alors ?
Dans son livre What Got You Here Won’t Get You There, le coach Marshall Goldsmith montre que certains dirigeants — historiquement majoritairement des hommes — peuvent être freinés par l’excès inverse : l’ego. Un ego qui les persuade que certains de leurs comportements, pourtant toxiques, leur auraient permis de gravir les échelons, jusqu’à un certain point.
Goldsmith liste en tout 20 mauvaises habitudes qui freinent les dirigeants. Parmi celles-ci :
- Vouloir trop gagner : c’est le besoin de l’emporter à tout prix, dans n’importe quelle situation, même quand cela n’a aucune importance.
- Ajouter trop de valeur : le besoin irrésistible d’ajouter son grain de sel à chaque idée, ce qui finit par réduire l’enthousiasme de celui qui a proposé l’idée.
- Porter des jugements : évaluer les autres et imposer ses propres standards au lieu d’écouter.
- Faire des remarques destructrices : ces critiques gratuites ou sarcastiques qui n’aident personne, mais qui servent à se sentir supérieur.
- Commencer par « Non », « Mais » ou « Cependant » : l’usage excessif de ces qualificatifs qui annulent secrètement tout ce que l’interlocuteur vient de dire.
- Se trouver des excuses : le besoin de justifier ses comportements agaçants par des causes externes ou le passé (« Je suis comme ça »).
- Refuser de s’excuser : l’incapacité à admettre ses torts ou à exprimer des regrets.
- Ne pas écouter : la forme la plus passive d’agression envers ses collègues.
Son message est simple : pour passer de « très bon » à « exceptionnel », il faut parfois désapprendre certains réflexes liés au pouvoir ou à la réussite passée.
Quel est le comportement idéal ?
Ego vs Effacement
Les deux ouvrages évoqués mettent finalement en lumière deux excès opposés :
Pourquoi est-ce utile de connaître les deux ?
Le leader le plus efficace aujourd’hui se situe entre ces deux extrêmes. Un homme gagnerait souvent à adopter certains comportements du « radar » féminin (empathie, écoute), tandis qu’une femme gagnerait à intégrer certains réflexes de « revendication » (visibilité, focus sur les résultats plutôt que sur la perfection).
💡 La bonne nouvelle ? Ces comportements ne sont pas figés. Mais faire évoluer nos habitudes inconscientes est un travail de longue haleine. Pour aborder en profondeur ces sujets, l’appui d’un coach peut s’avérer précieux. Vous pouvez aussi rejoindre notre groupe de co-développement pour réfléchir de manière coopérative à vos problématiques professionnelles.
Article rédigé par Florence CLAIR
Photo de couverture par Freepik.com


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